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Pergamon museum: de Berlin à Babylone

L'île aux musées de Berlin, est une île de la rivière Spree, sur laquelle on trouve 4 musées: Le musée de Bode, consacré à la sculpture du Moyen Age à l'époque classique; Le musée Pergame, consacré à l'archéologie et plus particulièrement aux antiquités du Moyen Orient, de la Grèce, et à l'art islamique; Le musée Altes, qui héberge la collection d'art de la famille royale de Prusse ainsi qu'une collection d'œuvres de l'antiquité Grecque et Romaine; Le "nouveau musée", ou Neues Museum, qui rassemble la collection d'œuvres égyptiennes du musée égyptien "Ägyptisches Museum", dont le célèbre buste de Néfertiti; et L'alte nationalgalerie, qui, lui, est consacré à l'art allemand du XIXe siècle et aux impressionnistes français. L'île abrite également la cathédrale de Berlin ainsi que le jardin Lustgarden.

Étant une passionnée de civilisations antiques et d'archéologie, j'ai longuement hésité à visiter le musée égyptien, mais je mourrai tellement d'envie de voir la porte d'Ishtar que mon cœur s'est naturellement tourné vers le musée Pergame et son département du Proche Orient. Comme j'y suis allée en semaine, j'ai eu la chance de ne pas faire la queue pendant 2h. Notons aussi que l'entrée du musée est à 12€, mais si vous avez plus de temps que moi, vous pouvez acheter un pass à 24€ qui vous donne accès à une cinquantaine de musée berlinois pendant 3 jours.

Bref, revenons au musée Pergame. C'est le musée le plus récent de l'île. Comme je le disais précédemment, le musée abrite la célèbre porte d'Ishtar, et c'est probablement l'atout qui fait de lui le musée le plus visité de Berlin, et ce, toutes catégories confondues. La porte d'Ishtar est une des 8 portes de Babylone, ville antique de Mésopotamie, située sur le bord de l'Euphrate, dans l'actuel Iraq. Les ruines furent d'abord explorées dans la première moitié du 19e siècle, et c'est en 1897 que l'allemand Robert Koldewey entreprit des fouilles sans précédents avec l'appui de l'empereur Guillaume II, manifestement vivement intéressé par les antiquités orientales. De nombreuses trouvailles furent expédiées à Berlin, dont les briques de la Voie Processionnelle, afin d'être exposées au Musée Pergame. En 1914, les fouilles deviennent de moins en moins intenses suite au déclenchement de la première guerre mondiale et au rappel de nombreux fouilleurs et archéologues. Koldewey reste sur place jusqu'en 1917, arrêt des fouilles. Les fouilles ne reprendront que brièvement dans les années 60 par une équipe irakienne, puis dans les années 70 par une équipe italienne. Enfin, vers 1980, une nouvelle équipe irakienne entreprend de restaurer les monuments dans un but touristique, mais surtout politique, suite à la volonté de Sadam Hussein de se rattacher au passé antique de la Mésopotamie. Ces actions sont vivement critiquées par les archéologues, car elles n'ont fait qu'accélérer la dégradation du site. Le chantier est stoppé vers 1990 suite au déclenchement de la guerre du Golfe, et les dégradations ont empiré suite à l'invasion de l'Iraq dans les années 2000, et l'établissement de camps militaires américains sur les sites.

C'est à partir du 2e millénaire avant Jésus Christ que cette ville prend de l'importance. Puis, de 626 à 539 av. J.-C, elle devient la capitale du royaume de Nabuchodonosor II, roi de l'empire néo babylonien de 605 à 562 av JC. Il est à l'origine de l'apogée de Babylone et fait d'elle la ville la plus dense et la plus prestigieuse du monde, en participant notamment activement à son embellissement. En effet, il reprend les immenses travaux de construction et de restauration initiés par son père Nabopolasar : le temple de Marduk (Esagil), la ziggourat Etemenanki, un grand nombre de temples, l'enceinte de la ville, la porte d'Ishtar, etc.

On a retrouvé peu de de choses du temple de Marduk (Esagil), celui-ci ayant été pillé de ses richesses, mais selon Nabuchodonor II, les murs étaient recouverts d'or. Hérodote, lui, affirmait y avoir vu une statue du dieu entièrement faite en or. L'Esagil était le centre religieux du royaume, et avait une importance considérable, c'est pourquoi il était si riche. Par ailleurs, ayant supposément été construit par les dieux eux-mêmes et ce bien avant les Hommes, il était considéré et représenté par les Mésopotamiens comme le centre du monde. Quant à la ziggourat (Etemenanki), il s'agit d'un édifice religieux, un peu comme une pyramide à degrés. Celle de Babylone a inspiré la légende de la Tour de Babel. En effet, cette ziggourat, peut-être inachevée, devait être particulièrement impressionnante de par sa taille, et de plus, Babylone étant une ville commerciale et multiculturelle, elle était caractérisée par une certaine diversité linguistique. Cela a probablement dû frapper les voyageurs et déportés hébreux, (une partie de la population juive fut déportée à Babylone en 586 après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor II) et ainsi engendré la légende de la Tour de Babel. La légende dit que les hommes, parlant alors tous la même langue, la langue adamique, voulaient construire une tour si haute qu'elle toucherait le ciel pour atteindre Dieu. Dieu brouilla leurs langues, afin qu'ils ne se comprennent plus et cessent la construction de la tour. Par ailleurs, notons que Babel est le nom araméen de Babylone. Il semblerait que les auteurs du livre de la Genèse croyaient que "Babel" venait du mot hébreu balal, signifiant mélangé, confus ou brouillé», d'où la légende relative aux langues. L'explication proposée pour l'existence de cette ziggourat inachevée était que la construction de celle-ci aurait pu avoir été interrompue à cause de la panique engendrée par les campagnes militaires de Sargon d'Akkad. Nabuchodonosor II aurait tenté de restaurer cet édifice.

L'enceinte de la ville, était constituée de plusieurs murs. Un premier ensemble, construit bien plus tôt, entourait la ville, puis, un deuxième mur, plus large, construit par Nabuchodonosor II, englobait le tout. Tout autour avait été creusé un fossé rempli d'eau, constituant un autre rideau défensif. Le tout constituait une enceinte de plus de 100m de large, agrémenté de tours de guet. Les murailles internes étaient percées de portes : la porte du roi, la porte d'Urash, la porte de Zababa, la porte d'Enlil, la porte d'Adad, la porte de Shamash, la porte de Marduk, et la porte d'Ishtar,

La porte d'Ishtar a été construite en -580 sur ordre de Nabuchodonor II, et son nom entier est « Ishtar Sakipat Tebisha », soit « Ishtar est victorieuse de ses ennemis ». Sur les murs, faits de briques émaillées bleues, on y voit des représentations en briques jaunes, des taureaux (symbolisant le dieu Adad, dieu de l'orage), et des dragons (créatures hybrides, possédant une queue et un corps de serpent, les pattes d'aigles, ils représentent Marduk, le plus grand dieu babylonien). Sur la porte on peut également y voir une inscription de Nabuchodonor II. Vous trouverez une traduction ici (en anglais) http://www.kchanson.com/ANCDOCS/meso/ishtarins.html

C'est sans conteste le monument le mieux conservé de l'ancienne Babylonie, ce grâce à nos chers archéologues allemands, et il s'agit d'un édifice emblématique de l'ancienne Babylone. En effet, c'est par cette porte que passait la Voie Processionnelle, l'axe principal de la ville .

Quand je suis arrivée en face de la porte d'Ishtar dans le musée, honnêtement mes poils se sont hérissés devant tant de beauté ! L'immensité de cette porte, ses formes, ses briques azur, ses animaux d'un jaune éclatant, c'est tout simplement sublime. Par ailleurs, ce qui m'a le moins plu dans ce musée, c'est que la majorité des annotations sont en allemand, or, je ne parle pas un mot d'allemand ! De ce fait, et pour je pense la première fois de ma vie, j'ai utilisé un audio-guide (ils sont gratuits), et là, surprise ! Non seulement j'avais des explications en français et en anglais, mais en plus, j'avais de la musique orientale dans les oreilles, ambiance Babylone garantie tout en marchant sur la Voie Processionnelle! Aussi, pour introduction, voilà ce que disait la voix dans mes oreilles : « Je suis Nabuchodonosor, roi de Babylone, fils de Nabopolassar, roi de Babylone, j'ai érigé la porte d'Ishtar, en l'honneur de Marduk, mon roi. J'ai placé sur cette porte des taureaux indomptables et des dragons furieux, et l'ai décorée si richement, si fastueusement, que l'humanité entière la regardera avec ébahissement. » Il s'agit en fait d'un résumé traduit de l'inscription de Nabuchodonosor II sur le mur de l'enceinte.

Bref, j'ai été bluffée par cette merveille. Merveille, c'est le terme exact. En effet, la muraille de Babylone figurait dans l'ancienne liste des merveilles du monde, au temps où le phare d'Alexandrie n'était pas encore achevé.

En parlant de merveille et de Babylone, qu'en est-il des jardins suspendus ? Selon certaines légendes, ils auraient été construits par Nabuchodonosor II pour son épouse. Bien que ces jardins aient été décrits par plusieurs auteurs, ils n'y a aujourd'hui aucune ruine, aucun reste, aucune inscription ni aucune preuve de leur existence à Babylone. Peut-être se seraient-ils réellement situés à Babylone, ou peut-être dans une autre ville (comme Ninive, capitale de l'Assyrie, rivale de Babylone), peut-être est-ce une exagération des jardins des palais de Babylone, ou peut-être même n'ont-ils jamais existé ailleurs que dans l'imagination des lettrés grecs et latins. En effet, les jardins ne sont mentionnés dans aucun texte babylonien, hormis celui du prêtre Bérose, et il serait étrange que Nabuchodonosor ne les ai pas mentionnés dans aucune inscription de fondation.

Babylone tomba sous empire Perse en -539 par l'attaque de Cyrus II, qui finalement sera vaincu par Alexandre Le Grand.

Pergamon museum: de Berlin à Babylone
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