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Qin Shihuang: Le premier empereur de Chine.

On entre dans un sujet que j’aime beaucoup, la dynastie Qin, enfin, l’empereur Qin plus précisément pour cet article. Je trouve son histoire très intéressante, et c’est un sujet qui me passionne. Étant, depuis toute petite, une passionnée d’histoire antique, de civilisations anciennes, de mythologies du monde entier, de légendes des quatre coins du monde, et d’archéologie, et à la fois passionnée par la Chine, je ne pouvais pas y échapper. Du coup j’ai décidé de vous écrire un super article qui explique bien tout, pour accompagner l'article concernant ma propre visite sur le site des guerriers en terre cuite. Ça me fait plaisir de l’écrire cet article, même si j'y ai passé un temps fou, rien qu'à faire des recherches en complément de mes propres connaissances, et aussi à tout réécrire correctement. Bref, je suis consciente que ça n'intéressera peut être pas grand monde de lire ça, mais moi ça m'éclate quand même. C’est pour cette raison que je crée une page spéciale, pour dire que ce soit séparé de mon blog, et que ça gène pas les visiteurs pour autant. Si vous avez envie de lire, bonne lecture!

 

  • Ying Zheng, roi de Qin

Le premier empereur de Chine, s’appelait en réalité Ying Zheng, mais est plus connu sous le nom de Qin Shihuangdi (秦始皇帝). Qin étant le nom de son royaume, et Shihuangdi est le modeste titre qu’il s’est lui-même donné, et qui signifie « Premier auguste souverain », en référence au Huangdi, l’empereur jaune, souverain légendaire de la période des trois Augustes et cinq Empereurs. Ying Zheng est né en 259 avant JC, à Handan, dans la province de Zhao, dans le Nord de la Chine, et est mort en 210 avant JC.

Longtemps avant sa naissance, son père, Yi Ren, était un otage du royaume de Zhao. En effet, il était d’usage à l’époque pour les royaumes, de garder des otages, souvent des individus de rang social important, des royaumes voisins. Yi Ren, rebaptisé Zhi Chu pour le coup, fut aidé par Lu Buwei, riche marchand du royaume de Wei qu’il rencontra au royaume de Zhao.

Selon les annales historiques, Lü Buwei utilisa son influence et sa fortune pour faire campagne en faveur du jeune prince. Zhi Chu fût donc libéré et Lu Buwei, en plus de l’avoir aidé à rentrer chez lui, lui a également offert, dans son incroyable élan de générosité, une de ses concubines, répondant au doux nom de Zhao Ji. Zhi Chu épousa donc Zhao Ji, avec qui il aura un enfant, le petit Ying Zheng, futur premier empereur de Chine. Il rentra ensuite au royaume de Qin, où il devint roi, accompagné de sa nouvelle concubine, et de Lu Buwei lui même, qui devint ministre au royaume de Qin (la générosité ça paye t’as vu). Cependant, selon l’historien Sima Qian, Zhao Ji était déjà enceinte lors de son mariage avec Zhi Chu…. Lu Buwei serait-il le père biologique de l’empereur? Cela voudrait dire que non seulement sa mère était originaire de Zhao, mais que son père n’était pas un prince de Qin, mais bel et bien un marchand du royaume de Wei… Mais cela dit, ce n’est qu’une légende. C'est une affirmation invérifiable, considérée comme une rumeur lancée par les commentateurs confucéens de l’époque Han, destinée à dénigrer et discréditer le souverain.

Ying Zheng devint roi en 247 avant JC, à la mort de son père Zhi Chu. Alors âgé de 13 ans, il laisse donc le pouvoir à la reine mère et à son ministre, Lu Buwei. Selon la légende, la reine mère était une belle nymphomane et Lu Buwei, en plus d’être passé au rang de ministre, est également devenu son esclave sexuel. Ayant peur pour son rang et pour sa vie si le souverain venait à l’apprendre, et ayant aucune envie de continuer à servir les intérêts personnels de la reine et de son appétit sexuel légendaire, Lu Buwei pensa donc à un subterfuge. Il engagea un homme, Lao Ai, qui par chance plaisait beaucoup à la reine. Pour ne pas éveiller les soupçons, Lao Ai fut élevé au rang d’eunuque, au service de la reine. En vérité, l’eunuque avait encore tous ses attributs masculins. Elle paya un pot de vin au médecin chargé de la castration en échange de son silence, et Lao Ai, n’avait donc d’un eunuque que la tête rasée. La reine avait donc trouvé un nouveau jouet, et Lu Buwei était donc rassuré.

En 238 avant JC, Ying Zheng est alors âgé de 22 ans, il est devenu pubère, ses poils ont poussé, sa voix a mué, et il décide alors de reprendre le trône de Qin. Et là, c’est la déception. Alors qu’il pensait avoir fait le choix judicieux d’attendre d’être un homme -un vrai- pour être roi et donna le pouvoir à la reine, à Lao Ai l’eunuque et à Lu Buwei en attendant, et bien eux, ils on fait de la merde. Qin, mécontent de ce qu’était advenu du gouvernement et au courant de leurs petites affaires sexuelles scandaleuses, fit exécuter l’eunuque, mit la reine en résidence surveillée et destitua Lu Buwei. Normalement Lu Buwei aurait dû être exécuté également, cependant, comme il avait été très utile au royaume de Qin avant même la naissance du roi, ce dernier refusa de l’exécuter et se contenta de le destituer. Certains diront qu’il était, en réalité, bel et bien au courant de la probabilité que Lu Buwei soit son père biologique. Bref,  Ying Zheng devient roi de Qin, mit Li Si et Wang Wan en ministres, et Wang Jian, Wei Liao, et Meng Tian en commandants de l’armée. Li Si était, avec le célèbre Han Fei, disciple de Sun Zi, dans le courant du légisme. Han Fei est également venu au royaume de Qin, dans l’espoir d’avoir une place au gouvernement et, bien plus doué que Li Si, il a tout de suite plu au souverain. Cependant, le roi ne lui a pas donné immédiatement le statut de ministre tant convoité, et Li Si, jaloux, s’organisa pour le faire envoyer en prison et le força à se suicider. Han Fei décéda donc avant même d’accéder au rang de ministre des Qin, dans son cachot sombre et humide, qui puait sans doute la pisse.

Qin Shihuang: Le premier empereur de Chine.
  • La réunification et les politiques d'uniformisation
En 236 av JC, après 2 ans de règne sur le royaume de Qin, la guerre de réunification est déclarée (dans un contexte déjà belliqueux, celui des royaumes combattants).
Le royaume de Qin était le plus fort, de par sa position géographique tout à l’ouest qui favorisa l’invasion du reste du pays, mais également par son gouvernement autoritaire inspiré du légisme. En effet, s’il y a bien quelque chose sur lequel on ne plaisantait pas dans le royaume, c’était la justice. Le royaume peut être qualifié aujourd’hui de cruel, mais il était avant tout juste, stricte et donc ordonné, ce qui était sa première force. De plus, l’état de Qin mit en place une politique d’encouragement de culture des champs, ce qui le rendait plus riche, et des exercices militaires obligatoires, ce qui favorisa la puissance de son armée. Le royaume de Qin améliora ses relations avec les royaumes lointains, et envahit les plus proches. Cela explique sans doute le fait que le royaume de Qi (actuel Shandong, sur la côte est) fût le dernier à être envahi. Il commença par le royaume de Zhao, soit de par cette logique géographique d’invasion militaire, soit par vengeance personnelle (souvenez vous, son père était un otage de Zhao).

Il mit donc fin à la période féodale et à la période des royaumes combattants en conquérant l'ensemble des royaumes un à un entre 230 et 221 av JC, année où le pays fût enfin unifié. En cette année 221 av JC, il devient donc l'unificateur de l'empire de Chine, et l'empereur fondateur de la dynaste Qin, qui dura donc de 221 à 207 av JC.

Il est donc le premier empereur de Chine. Il est réputé pour plusieurs choses. Tout d’abord pour sa politique de réunification : avoir conquis tous les royaumes et n’en avoir fait qu’un seul empire, et également pour sa politique de standardisation. En effet, outre le fait d’avoir assemblé les royaumes pour faire un seul pays, la Chine, l’empereur Qin standardisa l'écriture, la langue, la monnaie, les poids et les mesures, afin de favoriser le commerce entre les anciens royaumes, et concrétiser cette unification. Il créa également un incroyable réseau routier afin de relier la capitale à toutes les provinces du pays. Ces nouvelles routes étaient également standardisées dans tout l’empire afin que les chars (standardisés eux aussi) puissent circuler partout.

Ces reformes constituent les bases de la période impériale chinoise, et les fondements de la dynastie des Han.

Qin Shihuang: Le premier empereur de Chine.
  • Une gouvernance autoritaire

Chez nous, l’empereur Qin est surtout réputé pour le côté cruel de sa personne, et le caractère autoritaire de son règne. Selon l’historien Sima Qian « Le roi de Qin est un homme au nez proéminent, aux yeux larges, à la poitrine d’oiseau de proie ; il a la voix du chacal ; il est peu bienfaisant et a le cœur d’un tigre ou d’un loup. Tant qu’il se trouve embarrassé, il lui est facile de se soumettre aux hommes ; quand il aura atteint son but, il lui sera également aisé de dévorer les hommes.». De plus, son règne a été inspiré par les fondements du légisme, courant de pensée autoritaire initié par Han Fei, et conseillé par Li Si. L’empereur interdit notamment les livres et exécuta un bon nombre de lettrés, certains furent enterrés vivants, afin de se débarrasser de cette menace considérable qu’est l’opposition intellectuelle et également afin de rompre avec le passé et le confucianisme. Les livres furent donc brulés, à l'exception de l’Histoire de Qin, des manuels de médecine, d'agriculture et de divination. Les exemplaires de la bibliothèque impériale furent épargnés mais disparurent en -206 lors de l’incendie de Xianyang par Xiang Yu. L’empereur n’épargnait personne : son propre fils ainé fût aussi envoyé en exil pour avoir critiqué la répression. Cependant, durant son règne, l’empereur n’était pas (ou presque) contesté. Il faut préciser que cette image d’empereur despotique et cruel est toutefois erronée. Il semblerait que les dynasties suivantes n’aient pas franchement apprécié que l’empereur ait voulu effacer le passé et rompre avec le confucianisme. Les écrits datant de la dynastie Han, par exemple, dégagent de la rancune à l’état pur, ils ne lui ont pas pardonné, et ça n’a pas vraiment aidé à améliorer sa réputation. Cette réputation, crée de toute pièce par les penseurs et historiens, serait plutôt une légende de grand méchant de l’histoire en fait, car même si l’empereur était autoritaire, il n’était pas injuste et cruel pour autant. En effet, des documents juridiques ont été retrouvés dans les tombes des fonctionnaires Qin, et attestent d’une justice civile plus « juste », très développée, et avec des peines plutôt modérées (en majeure partie des amendes). Qin n’était donc pas forcément un tyran et un dirigeant despotique adepte des tortures les plus inhumaines, c’était avant tout un homme de loi. Il ne rigolait pas avec ceux qui se mettaient en travers de son chemin, c’est tout. Il faut aussi comprendre que pendant la période des royaumes combattants, le royaume de Qin était le plus fort, grâce à sa position géographique, son armée et aussi en grande partie grâce à son système législatif et administratif très ordonné, inspiré du légisme.

L’empereur est également connu pour avoir entrepris un bon nombre de constructions et de travaux démesurés qui eurent des conséquences considérables sur le peuple : la grande muraille, son palais, son mausolée, et son armée en terre cuite.

 

  • La Grande muraille.

L’empereur Qin est vu comme le père de la Grande Muraille de Chine, car c’est lui qui a entreprit la construction de la première grande muraille, afin de protéger l’empire des menaces extérieures, et de délimiter son empire au nord. Le général Meng Tian, commandant de l’armée, célèbre pour avoir été proche de l’empereur, son général le plus fidèle et pour avoir repoussé les barbares xiongnu, fût en charge de superviser le projet afin de défendre les territoires fraîchement conquis des invasions du nord. Ça a marché, la muraille de presque 5000km les a vachement dissuadés en fait.

Qin n’a pas pour autant construit la muraille que nous pouvons contempler de nos jours, mais il est à l’origine du projet, qui fait que vous avez peut être eu, vous aussi, la chance de marcher sur cet incroyable édifice.... L’empereur entreprit, en effet, la liaison, l’unification et l’amélioration des tronçons existants construits par certains états pour se protéger pendant la période des royaumes combattants. Près de 300 000 hommes furent envoyés pour construire la muraille, sous des conditions extrêmement difficiles, et un bon nombre d’entre eux périrent à la tâche. La muraille est ainsi souvent qualifiée de « plus long cimetière du monde».

Qin Shihuang: Le premier empereur de Chine.
  • Le Palais E-Pang

Qin a été élevé au palais de la capitale Xianyang (près de Xi’an), mais bien sûr il voyait toujours plus grand. Pendant la 35e année de son règne, L’empereur Qin Shihuang commença a construire le palais E Pang, situé au village E Pang, à 15km de Xi’an.  L’empereur voulait que son palais soit plus grand que la capitale elle même, (qui était une des plus grandes villes du monde il me semble). Les écrits décrivent le palais à l’image de l’empereur Qin : une merveille à l’état pur, une immensité sans précédents en Chine.  Selon Sima Qian, les terrasses du palais pouvaient contenir  10 000 personnes assises, et les tuiles de ses tours immenses séparaient le Ciel de la Terre. Epang était le plus vaste et le plus luxueux de toute l’histoire du pays. Le poète Tu Mu, de la dynastie des Tang décrit le palais dans son « ode au palais Epang », que vous pouvez lire en anglais ici. «il s'élevait au ciel à toucher presque le soleil », «Dans un même jour, dans un même palais, les saisons et les climats différaient ».  Toutes les descriptions le rendent fascinant, et totalement démesurés, comme tous les travaux entrepris par l’empereur Qin, fidèle à lui même. Il est dit que le palais fût brûlé avec toute la ville par Xiangyu afin d’effacer et éradiquer tous les vestiges de la dynastie Qin. Les ruines ont ainsi brûlé pendant 3 mois.

Cependant, l’historien Sima Qian n’évoque pas du tout ce passage de l’histoire dans ses écrits… Et il est évidemment impossible qu’il ait oublié de le mentionner, surtout sachant qu’il a écrit ça 100 ans après les faits, il y aurait eu des traces à son époque… Cela soulève donc de nombreux doutes.

Qu’en est t-il du palais ? A-t-il était brûlé ? A t-il été épargné? Il semble impossible pour Xiangyu d’avoir épargné l’immense palais de Qin, lui qui mettait un point d’honneur a tout effacer de cette dynastie… Où est il réellement situé? As t-il vraiment existé ?

Les recherches ont mené à de bien pauvres découvertes. Le palais a bel et bien existé et était bien situé à cet endroit, mais n’a jamais été brûlé comme le dit Xiangyu, puisqu’il n’a jamais été achevé… Il s’agissait en fait d’un projet, seul les fondations et quelques murs du hall d’entrée ont été terminés durant le vivant de l’empereur. Aucune tuiles, ni aucune trace d’autres vestiges pouvant relater un édifice de cet envergure, n’a été retrouvé, ni même des ruines incendié. Ce hall d’entrée faisait environ 1km de long et 540 000 m2, et seules ces ruines ont été découvertes sous 2000 ans de terre.

Après la mort de QinShiHuang, son successeur a entreprit de continuer la construction, mais les travaux n’ont pas eu le temps de reprendre qu’ils ont été interrompus, et tout a effectivement été incendié avec la ville à ce moment, à la fin de la dynastie Qin. On peut être bien sûr ressentir un sentiment de déception face au décalage entre les écrits et la réalité, mais ces écrits restent l’unique description de ce qu’aurait pût être le palais. Ils confirment tout de même la puissance de l’empereur Qin, en venant s’ajouter à ses autres projets démesurés qui ont eu la chance de voir le jour et de marquer l’histoire à jamais. Bien que le projet n’ait jamais vu le jour, la conception du palais en elle-même est déjà une merveille.


Le gouvernement chinois souhaite reconstruire le palais Epang à l'endroit où il était sensé se situer. Il serait terminé entre 2015 et 2020.

 

  • La quête pour l'immortalité.

L’empereur était effrayé par la mort et obsédé par l’immortalité. Il envoya son larbin de sorcier Xu Fu parcourir le monde à la recherche d'un élixir d'immortalité. Il entendit parler d'un peuple « d'immortels » vivant sur une montagne à une quarantaine de kilomètres de son palais. Ils étaient censés posséder un élixir d'immortalité. Après bien des tentatives vaines pour faire venir les immortels au palais (construction d'une route rectiligne du palais à la montagne, puis construction d'un chemin de 36 000 marches de la base au sommet de la montagne, et enfin, déplacement en personne de l'empereur), vexé, il fit peindre la montagne en rouge (couleur des forçats). Mais, non satisfait de la violence de sa vengeance, genre « sérieux jsuis vénère », il fit ni plus ni moins que de raser la montagne, en causant au passage la mort de 700 000 ouvriers (une bagatelle pour l’empereur Qin). Il entendit parler plus tard d'autres immortels vivants dans des îles au large de la Chine. Il ordonna la construction d'un navire gigantesque de 200 mètres pour ramener ce peuple en Chine. Le navire ne revint jamais. C’est une anecdote qui illustre bien le côté mégalo de l’empereur, et aussi son côté un peu taré tout de même.

Une fois n’est pas coutume, et toujours dans cette peur de la mort qui guette, (et cela même si tu t’appelles Qin Shi Huang) l’empereur a mis en place des projets totalement démesurés et entreprit des constructions gigantesques, qui coûta énormément au peuple.

Après cette période de lamentations, l’empereur a arrêté de se morfondre et s’est enfin fait à l’idée que, lui aussi devait y passer. Mais quitte à mourir, autant le faire bien. Il a voulu montrer qui il était, ne pas être enterré comme un clochard, mais comme un mégalo digne de ce nom. Cette peur de la mort et cette obsession pour l’immortalité peut en partie expliquer le mausolée unique que Qin a fait construire.

Cette obsession pour l’immortalité l’aurait pourtant tué. En effet, il semblerait que l’empereur ait fait appel à un magicien chargé de l’aider à devenir immortel. Celui-ci lui donna des perles à avaler, censées lui donner chacune 6 ans de plus. Sauf que c’était du mercure, et le mercure, ça ne se mange pas.

 

  • Le mausolée de l'empereur.

Le mausolée de l’empereur Qin, situé à Xi’an dans le Shaanxi (anciennement Chang'an, capitale de la dynastie Qin) a nécessité environ 38 ans de construction, sa construction a débuté dès le début du règne de l’empereur, et il peut être divisé en deux parties distinctes.

D’abord il y a la tombe à proprement parlé. Elle est enterrée sous une montagne de terre factice de 75m de haut et 350 mètres carrés. Selon les archéologues, la hauteur primitive de l’édifice était de 115 mètre, mais la corrosion et les destructions humaines lui ont fait perdre en surface et en hauteur. Sous cette terre, l'architecture de l’édifice, avec un fondement au sol carré, est grandiose. Selon les sources historiques (de Sima Qian), elle contiendrait le corps de l'empereur Qin Shi Huangdi (c’est déjà pas mal la momie du premier empereur, non ?), mais aussi une reproduction de son empire, avec des rivières de mercure coulant éternellement, et aussi un plafond constellé de perles, pour représenter la voûte étoilée. On dit aussi que la tombe de l'empereur contiendrait les tombes de 48 concubines, enterrées vivantes avec lui, les architectes et tous ceux qui connaissaient les secrets du tombeau. Histoire que personne ne sache, et préserver au mieux le trésor. Et encore, c’est sans compter tous ceux qui ont été sacrifiés à la mort de l’empereur. Les mémoires historiques de Sima Qian, contiennent la seule description écrite du tombeau, et ont été écrites un siècle après la construction du mausolée. Selon lui, la construction a débuté en 246 avant JC, et a mobilisé 700 000 ouvriers.

Voici ses mots : « Dès le début de son règne, Qin Shi Huang avait fait creuser et arranger la montagne Li. Puis, quand il eut réuni dans ses mains tout l'empire, les travailleurs qui y furent envoyés furent au nombre de plus de sept cent mille ; on creusa le sol jusqu'à l'eau; on y coula du bronze et on y amena le sarcophage; des palais, des (bâtiments pour) toutes les administrations, des ustensiles merveilleux, des joyaux et des objets d'art y furent transportés et enfouis et remplirent (la sépulture). Des artisans reçurent l'ordre de fabriquer des arbalètes et des flèches automatiques ; si quelqu'un avait voulu faire un trou et s'introduire (dans la tombe), elles lui auraient soudain tiré dessus. On fit avec du mercure les cent cours d'eau, le Kiang, le Ho et la vaste mer; des machines le faisaient couler et se le transmettaient de l'une à l'autre. En haut étaient tous les signes du ciel, en bas toute la disposition géographique. On fabriqua avec de la graisse de phoque des torches qu'on avait calculées ne pouvoir s'éteindre de longtemps. Qin Er Shi dit : « Il ne faut pas que celles des femmes de l'empereur décédé qui n'ont pas eu de fils soient mises en liberté. » Il ordonna que toutes le suivissent dans la mort ; ceux qui furent mis à mort furent très nombreux. Quand le cercueil eut été descendu, quelqu'un dit que les ouvriers et les artisans qui avaient fabriqué les machines et caché les trésors savaient tout ce qui en était, et que la grande valeur de ce qui était enfoui serait donc divulguée ; quand les funérailles furent terminées et qu'on eut dissimulé et bouché la voie centrale qui menait à la sépulture, on fit tomber la porte à l'entrée extérieure de cette voie, et on enferma tous ceux qui avaient été employés comme ouvriers ou artisans à cacher (les trésors) ; ils ne purent pas ressortir. On planta des herbes et des plantes pour que (la tombe) eût l'aspect d'une montagne. »

J’adore ce passage. Intéressant non ? Impressionnant. On ne peut savoir aujourd'hui si cette description de la tombe est réelle, mais certains points ont été prouvés par les chercheurs, notamment le fait que le site fait état d'un taux en mercure assez élevé. De plus, une tombe de cette envergure ne peut être que celle de l’empereur Qin. La plus belle découverte de l’histoire de l’archéologie à mes yeux.

Le mausolée ne contient pas que la tombe de l’empereur à proprement parlé. En effet, autour de la tombe sont enterrées plusieurs fosses. Il y a d’abord la fosse des fonctionnaires civiles, qui contient des personnages en terre cuite issus du monde de la justice (la justice et l’autorité caractérise la dynastie Qin): fonctionnaires civiles, avocats, juges, scribes…. Ensuite il y a la fosse des armures, qui contient des répliques de cuirasses et de casques en pierre d’une finesse extraordinaire, 120 armures pour 90 casques, le tout assemblé en garde robe géante. Il y a une autre fosse qui représente une étable, avec des chevaux, des dresseurs en terre cuite, et de nombreux accessoires telles que des bassines, récipients de nourriture, poteries, et éléments d’attelages (certains d’entre eux étaient censés avoir été inventé bien plus tard). Aussi une autre fosse avec des musiciens et des acrobates en terre cuite (l’empereur aimait beaucoup tout ce qui se rapporte au divertissement). Et enfin, il y a la fosse des oiseaux aquatiques et animaux rares, car l’empereur aimait beaucoup la chasse, et a donc décidé de s’enterrer avec des reproductions de tous les animaux qu’il connaissait.

L’empereur a vraiment voulu s’enterrer avec tout ce qui faisait son monde de son vivant. Il est erroné de dire que l’empereur a voulu tout ça uniquement par peur de la mort. C’était un homme qui aimait tout contrôler, et il voulait s’entourer de tout ça afin de pouvoir également tout contrôler dans sa prochaine vie.

Il y a tout de même quelques doutes concernant la tombe. En effet, même si la plupart des écrits disent que la tombe est intacte et l’a toujours été, certains écrits disent au contraire qu’elle fût pillée et saccagée peu après le déclin de la dynastie Qin. Aujourd’hui, les spécialistes et archéologues du gouvernement, eux, garantissent et prouvent que la tombe est réellement intacte et a été particulièrement bien conservée et protégée. Cela dit, d’autres spécialistes apportent d’autres théories dont on se passerait bien : selon eux, cette tombe est un leurre, et l’empereur n’y serait même pas enterré. En effet, on ne peut pas vraiment le confirmer, car la tombe n'a pas encore été fouillée.

L'État souhaite en effet attendre le développement de technologies qui garantissent que le contenu, en particulier la momie de l'empereur, ne subira aucun dommage. Je ne sais pas s’il faut croire à cette excuse ou pas, j’imagine qu’on a pas vraiment d’autres alternatives. C’est une décision judicieuse, mais pas moins difficile à croire. De plus, les archéologues cherchent à s'assurer que les pièges et les trappes équipées d’arbalètes installées par l'empereur pour protéger sa dépouille des pillards, ne constituent pas un danger. Vous êtes sérieux les gars ? Refuser d’ouvrir la plus grandiose découverte archéologique du siècle pour quelques arbalètes automatiques? Sans déconner? J’imagine bien que l’empereur a dû mettre un point d’honneur à protéger sa tombe et sa dépouille et à concevoir des pièges dignes de ce nom… Mais franchement, de une j’imagine que depuis tout ce temps, le pièges ne doivent plus être en bon état. D’abord la tombe a subi des dommages considérables : incendies, tremblements de terre, inondations, et de plus, ça fait 2000 ans quand même, la tombe a subi les ravages du temps, surtout l’érosion par exemple. De deux, même si on admet que les pièges marcheraient encore, n’a-t-on pas les moyens techniques et technologiques de les éviter au 21e siècle? On pourrait presque se demander ce que peut renfermer cette énorme découverte pour qu’on refuse de l’ouvrir… D’ailleurs, faut il l’ouvrir ou non ? Après tout, pourquoi se tuer à vouloir ouvrir la tombe de quelqu’un qui a tout fait pour qu’elle soit éternelle et jamais violée .

Qin Shihuang: Le premier empereur de Chine.
  • La découverte des soldats en terre-cuite.

Un jour, en 1974, deux paysans creusaient un puits dans la campagne près de Xi’an. En creusant, ils ont découvert des fragments de poteries, puis des statues de guerriers. (J’ai lu qu’un des deux gars s’est enfuit car il pensait que c’était des fantômes ou des dragons. L’autre monsieur lui, a contacté les services spéciaux, qui ont commencé les fouilles, enfin je dis ça pour simplifier.)

Yang Zhifa, est un des 3 paysans qui a découvert les soldats. Malheureusement, ils sont difficilement reconnus en tant que tels, car la Chine n'a aucune loi en ce qui concerne les découvertes de reliques culturelles. Il est âgé aujourd'hui de 75 ans je crois et a arrêté d'être fermier il y a une quinzaine d'années. Yang n'est jamais allé voir l'armée qu’il a découvert pendant les 20 années qui ont suivi, jusqu'à ce que le manager de la boutique du musée l'appelle pour venir signer des livres. A la base, Yang devait être payé environ 300 yuan par mois, ce qui fait environ 35€. Pour Yang, c'était une somme raisonnable à l’époque, et il a donc accepté. Depuis, son salaire a augmenté de 1000 yuan par mois, et il dit être très satisfait de sa vie. Normalement il signe juste des livres, il ne pose pas pour des photos. Mais il est très gentil, il a accepté avec plaisir quand je lui a demandé. C'était un paysan qui ne savait pas écrire à l’époque. Il a rencontré Bill Clinton en 1998 (y'a une photo dans la boutique), et encore à cette époque, il a signé le livre du président de 3 cercles. Enfin, il déteste que les journaux parlent de lui comme un illettré, et a même poursuivis un journal pour diffamation (et a empoché 20 000 yuan de dommages). Il a donc finit par apprendre à écrire, et apparemment il adore la calligraphie maintenant. Il déteste la presse, les tabloïds, et n'a pas vraiment envie d'être célèbre. Néanmoins, il a beaucoup voyagé, il est souvent invité aux 4 coins du monde pour raconter son histoire. "L'air était très sec et les cultures s'asséchaient. Le chef de notre village a voulu creuser un puit. A l'endroit où nous avions décidé de creuser le puit, la terre était très dure en dessous d'un mètre de profondeur. Le 3e jour, j'ai déterré quelquechose qui ressemblait à une jarre. En réalité, il s'agissait de la tête d'un guerrier en terre cuite, mais nous l'ignorons à ce moment. Un des villageois m'a demandé de creuser encore afin qu'il puisse emporter la jarre et l'utiliser en tant que récipient. Puis, j'ai déterré le corps. Cela ressemblait à une statue de temple." Personne ne savait alors qu'il s'agissait de la plus grande découverte archéologique du 20e siècle. Des villageois ont même vendu des flèches afin de les recycler pour se faire de l'argent. Plusieurs mois plus tard, des archéologues ont débarqué, et les villageois ont alors réalisé que c'était quelquechose d'assez important. Depuis cette découverte, Yang garde encore la pelle qu'il a utilisée pour déterrer les guerriers en terre cuite il y a 38 ans, il s'en sert pour planter des fleurs autour de sa maison. Peut être que ça lui portera chance.

Les paysans ont tous été relogés afin de laisser la place au site. Maintenant ils ont tous une maison neuve avec le téléphone, l'eau courante, la télé et internet. Enfin, c'est ce que dit le gouvernement chinois. La plupart ont ouvert des restaurants, des hôtels, ou vendent des répliques des guerriers en terre cuite et des souvenirs. Ça marche plutôt bien pour eux. Le paysan qui a été le premier a avoir ouvert sa fabrique de répliques, avait 14 ans lors de la découverte. Les villageois étaient alors très pauvres. Il a travaillé un peu au musée dans les années 80, et a donc remarqué qu'il y avait beaucoup de touristes qui voulaient acheter des répliques des guerriers. Il a donc ouvert sa propre fabrique (qui est très célèbre, et est souvent un arrêt touristique obligatoire lors de la visite de l’armée), et vend des répliques dont certaines dépassent les 2000dollars. Il refuse de dire combien il se fait par an, mais il vient de s'acheter une troisième voiture.

Cependant, cette découverte a également apporté de nombreuses tensions. Déjà, il y a les 3 paysans qui se sont battus afin d'obtenir un minimum de reconnaissance. Et qui ont rendus les autres paysans jaloux. Il y a également Zhao Kangmin qui est très en colère par rapport à cette demande. Zhao était en charge des reliques culturelles gouvernementales à Lintong quand il a appris la découverte. C'est le premier a avoir réalisé la valeur de la découverte et le premier a avoir reconstruit les soldats. Selon lui, c'est lui-même qui est à l'origine de la découverte, car les paysans, eux, n'ont pas su mesurer l'ampleur de la découverte et l'ont même abîmé. Depuis, Zhao est au musée de Lintong et signe des cartes postales. Malheureusement, ça a moins de succès que le musée de Xi'an, et la signature de Yang Zhi Fa. Contrairement à Yang qui ne signe que son nom, Zhao lui, signe "Zhao Kangmin, le premier a avoir découvert, restauré, apprécié, nommé et déterré les guerriers en terre cuite". Ça sent la rancune. Bref.
Le premier archéologue qui a débarqué sur le site pensait en avoir pour une semaine. Finalement, il y a passé les 30 années de sa vie qui ont suivis, et ce n'est toujours pas fini.

 

 
Qin Shihuang: Le premier empereur de Chine.
Qin Shihuang: Le premier empereur de Chine.
  • L'armée

Bref, aujourd’hui c’est 3 fosses qui ont été mises à jour petit à petit, classées selon leur ordre de découverte.

La fosse n°1 est la plus importante. Elle fait 14260 m2, et contient 6000 guerriers et chevaux et 40 chars de guerre. Cette fosse contient le gros de l’armée, les fantassins, les soldats. A l’intérieur, c’est une véritable reconstitution du corps de guerre. En premier lieu, il y a l’avant-garde. Elle est constituée de 204 statues de fantassins légers, non cuirassés, positionnés horizontalement en 3 rangs de 68 soldats, armés d’arcs, prêts à envoyer une pluie de flèches sur le camp adverse. Ils sont équipés uniquement de jambières. Derrière, se trouve le corps principal de l’armée. 38 colonnes de fantassins et de chars. Ils sont équipés de cuirasses et de jambières. Ils sont lourdement armés: épées, lances… C’est l’infanterie lourde. Sur les côtés, se sont les ailes droite et gauche qui protègent les flancs du corps principal. A l’arrière se trouve l’arrière garde. Ils tournent le dos au corps principal afin de pouvoir faire face aux attaques venant de derrière.

La fosse n°2 fait 6000 m2. Elle contient en tout 89 chars, et 1400 guerriers et chevaux (350 chevaux de chars, 116 chevaux de cavaliers et 900 guerriers) divisés en plusieurs formations. La première formation contient 330 archers : 160 archers accroupis et cuirassés, prêts à envoyer une pluie de flèches sur le camp adverse, qui sont entourés par 170 archers debout. La 2e formation contient 64 chars, chacun transportant un cocher et deux guerriers, sans accompagnement de soldats devant ni derrière. La 3e formation contient 19 chars, secondés par 260 fantassins et fermée par 8 cavaliers. La 4e et dernière formation de cette deuxième fosse contient 108 cavaliers secondés par 6 chars. Cette fosse est plus complexe que la première fosse qui elle, est la force principale de l’armée. En effet, il s’agit là principalement de chars et de cavaliers. Ces formations disposent d’une grande mobilité en cas de besoin.

La fosse n°3 fait 500m2. Elle contient un énorme char en bois tiré par 4 chevaux, et 66 guerriers divisés en deux rangées disposés l’une face à l’autre des côtés du char. Ces guerriers sont équipés de lances en bambou, réservées habituellement à la garde d’honneur. Il s’agit donc de l’état major de l’armée.

Ces fosses nous apportent de riches informations sur l’art militaire antique : pensée militaire, organisation de l’armée, disposition des bataillons de combat et équipement utilisés.

Comme nous pouvons le constater, les guerriers en terre cuite sont classés selon leur rang hiérarchique : généraux, officiers, soldats. Les généraux sont grands, portent une double tunique, une cuirasse en écaille de poissons, un chapeau en queue de pie, et des chaussures à bout pointu. Les officiers, quant à eux, sont armés à la main, portent une longue tunique, une cuirasse et un bonnet. Enfin, les soldats sont soit des archers (debout ou accroupis) soit des fantassins armés ou des cavaliers, et sont coiffés d’un chignon.

Les armes des guerriers en terre cuite sont des armes authentiques, contrairement aux armes retrouvées dans les fosses du mausolée qui sont des répliques en pierre. Les fosses de l’armée en terre cuite recensent 10 000 armes encore tranchantes, soit 10 sortes d’armes différentes, c’est une véritable exposition de l’arsenal de l’armée de Qin. Les armes sont faites dans un alliage d’étain mêlé à d’autres métaux plus précieux, comme le plomb ou le zinc. De plus, les épées et les têtes des flèches ont subi un traitement au chrome, afin d’éviter la corrosion et la rouille, et ainsi briller éternellement. C’est une véritable découverte, car le polissage au chrome est une technique que l’Amérique et l’Europe n’ont connu que récemment, en 1937...

Il faut ajouter que chaque soldat est différent de par son physique : armure, uniforme, coiffure, arme, allure, âge, expression du visage, situation sociale, attitude, et même son appartenance ethnique, chacun est unique, et tous ont été crées individuellement conformément à la réalité. De plus, les détails des cheveux, des moustaches, du visage, des boutons, ou encore la position des mains et des pieds sont extrêmement détaillés et relèvent un réalisme étonnant. En ce qui concerne la fabrication, plusieurs moules différents ont été utilisés selon le type de soldat, la tête étant cuite à part à une température de cuisson très précise, tandis que de l’argile a été ajouté au final pour modeler chaque personnage conformément à la réalité, pour qu’ils soient uniques.

On ne sait combien d’artisans ont travaillé à modeler l’armée, mais ce qui est sur, c’est qu’il ne s’agissait pas d’esclaves qui travaillaient à la chaîne sous les coups de fouet, non, ils étaient de véritables artistes, et un bon nombre d’entre eux ont signé leurs œuvres. En effet, 80 signatures différentes ont été identifiées sur les soldats.

Il faut savoir qu’à l’origine les soldats étaient peints en couleurs vives. La totalité de la surface peinte des 8000 soldats représenterait un tableau de 12km de long sur 1m de large, en termes de quantité de peinture utilisée. Cependant leur excavation à l’air libre jusque dans les années 90 a détruit les pigments. L’avancée technologique de ces dernières années permet aux restaurateurs d’être en mesure petit à petit d’éviter la détérioration des soldats. Ce 9 juin 2012, 110 nouveaux soldats ont été retrouvés. Ce qui est le plus important, c'est qu'ils ont été incroyablement préservés, et ont notamment conservé leurs couleurs.

Le site est bien plus qu’un site touristique ! En effet, les guerriers n’ont pas été bougés, c’est encore leur emplacement d’origine. C’est un site archéologique qui mobilise chaque jour de nombreux archéologues et restaurateurs, qui n’ont cessé de travailler dur depuis la première découverte en 74, afin de mettre à jour le site et de restaurer les soldats. En effet, ils semblent avoir été crées pour être éternels, mais ont subit non seulement les ravages du temps, mais aussi des dommages naturels : une détérioration et une corrosion de plus de 2000 ans, des incendies, des inondations, et des effondrements des plafonds des galeries avec le temps. Aujourd'hui l'armée est un des sites touristiques principaux de Chine. Elle a été inscrite au patrimoine de L’UNESCO en 1987 et est souvent considérée comme étant la 8e merveille du monde. (Merci Monsieur Chirac.)

Qin Shihuang: Le premier empereur de Chine.
Qin Shihuang: Le premier empereur de Chine.

L’empereur, dans sa crainte de la mort et dans sa volonté de toujours tout contrôler, a voulu être enterré dans une tombe merveilleuse qui fascine encore aujourd’hui, et d’autant plus 2000 ans plus tard. Il a voulu reproduire le monde et la vie qu’il connaissait et s’accompagner de ses meilleurs serviteurs, et de toute sa puissance militaire légendaire, qui le caractérisait si bien de son vivant. On recense un bon nombre de souverains à travers le monde qui ont procédé un peu de la même manière, mais Qin Shi Huangdi en est l’exemple le plus fascinant à mon sens. Bien que son règne soit associé à la cruauté de par son autorité et son comportement démesuré, Qin Shi Huangdi a élevé à l’état de puissance ce que l’on nomme aujourd’hui La Chine. C’est devenu grâce à lui un seul et même état, et l’empereur a beaucoup apporté dans cette unification militaire, commerciale, politique, et culturelle. Cependant, ses constructions comme la grande muraille, son tombeau, son armée en terre cuite (bien qu’elles soient aujourd’hui des vestiges culturels, archéologiques et historiques d’importance mondiale) ainsi que les autres travaux d’aménagement et de standardisation de l’empire (bien que nécessaires) ont amené des conséquences dramatiques. En effet, rien que les 36 ans d’ouvrage et la main d’œuvre de 700 000 hommes nécessaire à la construction du mausolée a eu de grosses répercutions sur le peuple, notamment une hausse considérable du taux de mortalité dû aux conditions de travail, d’hygiène, et aux famines engendrées par les champs laissés à l’abandon au profit des chantiers démesurés de l’empereur. On estime à plus de 2 millions, le nombre de personnes mobilisées sur les chantiers divers de l’empereur, ce qui correspond à 1/10e de la population. Il me semble cependant que cela ait servi de leçon aux souverains qui ont suivis. En effet, beaucoup d’entre eux ont construit des tombes en tumulus, mais beaucoup plus petites et modestes, afin de réduire les constructions et la main d’œuvre nécessaire. De plus, le légisme et le gouvernement par l’autorité et la force, qui sont à l’origine de la réputation cruelle de l’empereur, ont été abandonnés au profit du confucianisme.

Aujourd’hui néanmoins, chacune de ces fabuleuses constructions est le témoignage de sa puissance mythique. Certaines sont classées dans les merveilles du monde, comme l’armée en terre cuite, les plus grandes découvertes archéologiques de ces dernières décennies, comme le mausolée, et certaines autres sont le symbole même de la Chine, comme l’est la Grande Muraille. Lorsque l’on s’y intéresse et préalablement documenté, la visite de l’armée en terre cuite est d’autant plus un spectacle grandiose. Ajoutons que l'empereur Qin aurait, soit disant, donné son nom à l'empire du milieu... Lorsque l'on demandait aux marchands chinois, en dehors de la Chine, de quel pays ils venaient, ils répondaient simplement qu'ils venaient du royaume de Qin... Qui a donc donné Chine, China... et en bien d'autres langues. Cela dit, c'est une information à prendre avec des baguettes!

 

Sources et références:

 

  • Dreams of the Qin dynasty terracotta army

  • Glenn Fieber, "Emperor of stone: Qin and the terracotta army"

  • Maurice Cotterell, "the terracotta warriors: the secret codes of the emperor's army"

  • François Thierry, "La ruine du Qin, ascension, triomphe et mort du premier empereur de Chine"

  • Sima Qian, "mémoires historiques"

  • Du mu, "Ode to E Pang palace"

  • Reportages et articles de presse: CCTV, National Geographic, BBC, Unesco, Libération, China Daily, ChinePlus.

 

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