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Mésaventure en expatriation : mon séjour à l'hôpital en Chine (partie 4)

Me revoilà aujourd'hui pour la quatrième partie de cette série d'articles sur ma récente mésaventure en Chine. Si vous n'avez pas lu les articles précédents, les voilà :

Partie 1 : mon accident en Chine

Partie 2 : mon arrivée aux urgences

Partie 3 : la visite de la police

Alors, où en étais-je ? Ah, oui, l'hospitalisation. Comme je le disais précédemment, j'ai été emmenée à l'hôpital le plus proche après mon accident, mais, puisque j'allais devoir y rester un petit moment, j'ai été transférée dans un autre hôpital, bien meilleur, dès le deuxième jour.

Mésaventure en expatriation : mon séjour à l'hôpital en Chine (partie 4)

En arrivant dans le deuxième hôpital, j’ai dû refaire des radios, ainsi que toute une batterie de tests pour vérifier que tout allait bien, y compris un scanner. Fort heureusement, tout était normal, je n’avais aucune autre blessure. Juste une cheville disloquée, une double fracture et une blessure au tendon. Bon, c'est déjà pas mal, mais c'est pas dramatique. Franchement, j’ai eu de la chance. Je suis consciente que ça aurait pu être bien plus grave, et ça c’est vraiment le point positif que je tiens à retenir.

 

J’ai dû attendre environ 10 jours après l’accident pour me faire opérer. Mon pied était dans un piteux état, et c’était trop gonflé pour opérer plus tôt. A part ça, l’opération s’est très bien passée. Ils ont remis ma cheville en place et ont fixé l'os avec une plaque en métal que je vais devoir faire retirer l'année prochaine. Ça a duré quand même 3h, mais je me suis réveillée comme une fleur (branchée à plein de machines).

 

En tout je suis restée 3 semaines à l’hôpital. Trois longues semaines.

C’était ma première fois à l’hôpital en Chine. Je n’ai jamais été malade, et je n’avais jamais eu d’accident ou quoi que ce soit. En fait, c’était mon premier séjour à l’hôpital tout court, tous pays confondus. Je n’ai même jamais été hospitalisée en France, à part pour une opération des dents de sagesse, et cette fois où je me suis salement coupée la main en faisant la vaisselle. Mais j’étais sortie le même jour, alors ça ne compte pas vraiment.

Toutes les journées se ressemblaient. Le matin, l'infirmière venait à 7h pour me faire une piqûre dans le ventre, m'apporter mes médicaments, et poser la première perfusion de la journée. A 8h, c'était toute la troupe des médecins qui passait dans chaque chambre pour voir chaque patient. Ça ne durait pas plus d'une minute, mais il m'a fallu moins que ça pour comprendre la hierarchie au sein de ce groupe tant la tension était palpable. C'était si formel qu'on aurait dit une visite d'état. Après ça, je me rendormais pour la première sieste de la journée, jusqu'à la prochaine perfusion. Et ainsi de suite, jusqu'au soir.

Mésaventure en expatriation : mon séjour à l'hôpital en Chine (partie 4)

L’hôpital en Chine a ses particularités. Déjà, il faut passer par plein de comptoirs pour s’enregistrer et faire les papiers. Un peu l’impression d’être à la préfecture et de devoir prendre un ticket toutes les 20 minutes pour faire la queue.

Ensuite, deuxième chose assez étonnante, les infirmières ne sont là que pour les soins médicaux. Cela signifie que si vous n’êtes pas autonome pour les tâches quotidiennes (manger, aller aux toilettes, prendre une douche…), et bien il faut quelqu’un avec vous. En général, les patients ont un membre de leur famille avec eux. Si comme moi vous êtes seule, et qu’en plus vous êtes immobilisé, et bien il vous faut engager quelqu’un. J’avais donc une ayi avec moi 24h/24. Elle dormait dans ma chambre, sur une chaise dépliante en face de mon lit, et m'engueulait dès que je bougeais le petit doigt pour faire quelque chose toute seule. C'était très envahissant pour moi qui aime être seule et indépendante, mais je dois dire qu'elle était très gentille.

Troisième chose sur l’hôpital, il n’y a pas de repas fournis et livrés en chambre comme en France. Il faut donc avoir quelqu’un qui vous apporte à manger, ou alors vous faire livrer (et avoir quelqu’un qui va réceptionner la livraison à l’entrée de l’hôpital). Il y avait bien une cantine au sous-sol, mais encore fallait-il pouvoir se déplacer. Evidemment, je généralise sans vraiment savoir si c’est comme ça dans tous les hôpitaux, mais j’imagine que c’est plus ou moins le cas. N’hésitez pas à partager vos expériences en commentaires pour comparer !

Mésaventure en expatriation : mon séjour à l'hôpital en Chine (partie 4)

Autre chose qu'il me faut vous raconter : j’avais une chambre partagée au début. Il n’y avait plus de disponibilité en chambre privée quand je suis arrivée. J’ai donc eu 3 colocataires différentes. La première était une jeune femme seule qui dormait toute la journée à la suite d’une opération, la deuxième était une femme de 60 ou 70 ans qui avait le bras cassé, et la troisième était une femme de 50 ans qui avait elle aussi la cheville cassée. Partager une chambre à l'hôpital, c’était un défi de tous les jours. Déjà parce qu’il y avait toujours du monde, et toujours du bruit. Le mari de la deuxième patiente avec qui je partageais la chambre dormait lui aussi dans la chambre. Et, comme si ce n'était pas suffisant, il ronflait hyper fort. Et puisque ma ayi dormait aussi dans la chambre, on était quatre dans la pièce. Parfois, ils laissaient la lumière ou la télé allumée, ou alors ils appelaient en pleine nuit, envoyaient des messages vocaux ou regardaient des vidéos avec le son à fond… Je pense que vous voyez tout à fait ce que je veux dire. Il y avait aussi des gens qui entraient dans la chambre, comme ça, pour voir qui on était et qu’est-ce qu’on avait, ou pour mettre un bout de viande dans le congélo du frigo à minuit (histoire vraie). C’est comme ça en Chine, et je n’étais pas vraiment surprise. Disons que les notions d’intimité et d’espace personnel sont quelque peu différentes. Mais c’est vrai que quand on est hospitalisé à la suite d’un accident, on a plutôt envie de se reposer.

Heureusement, au bout d’une semaine j’ai pu bouger dans une chambre individuelle, et là enfin j’étais (un peu plus) au calme.

Globalement, mon séjour à l’hôpital s’est plutôt bien passé. J’ai eu du mal à supporter le fait de dépendre de quelqu’un et de devoir rester allongée aussi longtemps (d'où les piqûres quotidiennes dans le ventre), mais le personnel était plutôt sympa et les conditions étaient plutôt bonnes. Aussi, un autre point positif, mon niveau en chinois a énormément évolué pendant ces 3 semaines à l’hôpital ! Le personnel ne parlait que chinois, j’ai donc bien amélioré mon oral et appris beaucoup de vocabulaire (que je n’espère pas devoir réutiliser du coup ahah) !

Au bout de 3 semaines d'hospitalisation, j'ai enfin pu rentrer chez moi, et finir ma (longue) convalescence dans le confort (et le calme) de mon appartement. Bon, je n'étais pas pour autant au bout de ma peine, mais c'était déjà ça ! Je vous raconterai ça dans le prochain article !

A très vite !

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